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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU COMITÉ ATTAC 77 SUD
le 6 janvier 2010,  20h30,
à la maison des associations, rue du 11 novembre 1918 à 77000 Vaux le Pénil

Pour nous contacter, nous proposer des textes, des photos, etc: attac77sud@laposte.net 


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maison des associations rue du 11 novembre 1918


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Articles

Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /2007 13:46

Chers amis ,

J'ai la vraie joie de vous annoncer la naissance de l'association d'échanges de savoirs TROC'SAVOIRS, sur Fontainebleau et environs larges.
En cette époque d'explosion de «l'associatif », une occasion d'échange de savoirs est une opportunité à ne pas laisser passer par négligence.
L'échange de savoirs est l'occasion de donner et recevoir aussi bien des savoirs-faire (simples et quotidiens ou techniques et pointus) que des savoir-être (modes de communication, clés pour l'intégration et outils de compréhension du monde qui galope autour de nous ...).
Bien entendu, donner et recevoir cela prend un peu de temps. Et chacun d'entre vous a déjà un quotidien bien rempli. Mais tout n'est qu'une question de choix et de priorités.
Alors je vous propose de vous manifester tout de suite, au niveau qui vous paraîtra convenable selon vos possibilités du moment :
 
1 - aide légère :
- faites-vous connaître, donnez votre adresse mail, juste pour recevoir les informations
- passez un message ou un coup de fil, juste pour dire ce que vous pensez de l'échange de savoirs ...
- il nous est très précieux de sentir comment vous percevez cette création, donnez votre réaction, là, tout de suite, sans faire des phrases compliquées ...
 
2 - niveau un peu engagé :
- participez dès le départ, pour aider à au démarrage (c'est éminemment utile)
- venez aux réunions de lancement, apportez votre point de vue, formulez vos attentes
- repérez les rôles utiles : animation, communication, organisation.

Tout cela c'est déjà de l'échange, et vous restez libres de continuer ou pas.


Bien cordialement

Alain Delfino

http://trocsavoirs.monsite.orange.fr

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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /2007 09:34
Que valent les odes à la valeur travail ?

Présidentielle. L’utilisation répétée de cette expression par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy masque la dégradation de la valeur du travail, ressentie avec acuité dans tout le salariat.

Qui a dit « Il faut remettre la France au travail » ? Jean-Pierre Raffarin, Ernest-Antoine Seillière, Nicolas Sarkozy, Laurence Parisot ou - Ségolène Royal ? Ils l’ont tous asséné un jour ou l’autre, avec, bien entendu, quelques nuances entre eux (lire notre florilège ci-dessous), mais ils ont été devancés, et de beaucoup, par le radical Édouard Daladier, devenu président du Conseil, sur fond d’émiettement du Front populaire et au prix d’une alliance avec les partis de droite. Fin août 1938, il était devenu urgent, estimait la bourgeoisie, de « remettre la France au travail », de redonner le goût de l’effort et de revaloriser le mérite chez des Français « débauchés » par les congés payés et par la semaine de travail à 40 heures. Une semaine plus tard, un décret rendait obligatoires les heures supplémentaires dans les usines travaillant pour la Défense nationale. Une première brèche dans les conquêtes des luttes sociales de 1936, le couvercle verrouillé sur une cocotte de liberté, admirablement chantée par Jean Gabin dans la Belle Équipe de Julien Duvivier : « Du lundi jusqu’au samedi, pour gagner des radis/Quand on a fait sans entrain son boulot quotidien/Subi le propriétaire, le percepteur, la boulangère/Et trimballé sa vie de chien/Le dimanche vivement, on file à Nogent/Alors brusquement, tout paraît charmant/Quand
on se promène au bord de l’eau... »

Une victoire idéologique du patronat

C’est un paradoxe en trompe-l’oeil : après la victoire de Chirac en 2002, Jean-Pierre Raffarin place d’emblée au centre de la politique de son gouvernement la « réhabilitation de la valeur travail ». « L’avenir de la France, ce n’est pas d’être un immense parc de loisirs, l’avenir de la France, c’est de travailler », ânonne le premier ministre sous les applaudissements du MEDEF. Cinq ans plus tard, les deux principaux prétendants à l’élection présidentielle, en posture de « rupture », se disputent âprement le même « concept », déclenchant les hourras du même patronat.

Entre le PS et l’UMP, la bataille est déclenchée, mais cela ressemble furieusement une guerre dans les mots. Quand, sous couvert d’augmenter le pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy préconise de poursuivre la dérégulation du temps de travail (lire l’Humanité d’hier), Ségolène Royal, avant d’avoir finalisé son programme, n’écarte pas de suivre cette pente : « Des assouplissements (à la législation sur les 35 heures - NDLR) ont déjà eu lieu, affirmait-elle lors de la campagne interne du PS. Peut-être faut-il aller au-delà pour que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire, mais je trouve scandaleux les chantages à l’emploi auxquels des entreprises se livrent pour remettre en cause des accords de RTT. Le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie. Je ne crois pas aux réponses rigides une fois pour toutes mais aux évolutions négociées. » Plus globalement, dans ses incantations sur la « valeur travail », la candidate socialiste mobilise, et c’est significatif, le registre lexical du management quand elle pousse à faire des « choix gagnant-gagnant » ou quand elle évoque la nécessité selon elle de « coacher efficacement les demandeurs d’emploi ».

Des boules puantes contre les chômeurs

Dans leurs discours sur la « valeur travail », Nicolas Sarkozy et, dans une moindre mesure, Ségolène Royal dépeignent soigneusement un pays divisé entre « travailleurs » et « assistés », embourbé dans une profonde « crise morale ». Ces relents populistes ramèneraient presque à la « débauche » fantasmée par les réactionnaires lors du Front populaire... Devenu depuis un des proches conseillers de Sarkozy pour la rédaction de son programme, Nicolas Baverez livrait en 2003 dans les colonnes d’un journal gratuit un échantillon du racisme social toujours prégnant : « Le temps libre, c’est le versant catastrophe sociale. Car autant il est apprécié pour aller dans
le Lubéron, autant, pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance, des faits malheureusement prouvés par des études. »

L’arbre du mot cache la forêt des maux

Malgré le recours systématique à leur nouveau mantra de « valeur travail », les deux principaux candidats passent à côté de l’essentiel. Ni Ségolène Royal ni Nicolas Sarkozy n’évoquent à aucun moment la dégradation du travail tout court. Pendant que Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, propose d’instaurer la « séparabilité » afin de jeter aux orties le droit du licenciement, les salariés paraissent, eux, éprouver la tentation de la sécession au coeur même des entreprises. Dans un contexte de chômage de masse, de désindustrialisation, de modération salariale et de
précarisation de l’emploi, l’UMP comme le PS refusent de voir combien, aux yeux de bon nombre de salariés - des ouvriers et employés aux cadres -, la valeur du travail a été sapée par son « intensification » : en exigeant de la « réactivité », en chassant les « temps morts » sur les postes de travail, en généralisant la « polyvalence » et la « flexibilité », en accroissant les procédures de contrôle, en réquisitionnant le corps et aussi l’esprit de leurs travailleurs par le biais d’un nouveau management dit « de l’affect », en développant les pratiques de notations individuelles ou encore en établissant des relations directes avec les clients, les entreprises ont exigé de leurs salariés plus d’efforts, plus de « qualité », plus de disponibilité, plus de responsabilité et plus de
rentabilité... Et cela, alors que, dans le même geste, la plupart du temps, elles leur déniaient toute reconnaissance, même symbolique, de crainte d’avoir à recruter ou à augmenter les salaires...

Les indices de cette crise à l’intérieur du travail ne manquent pas, mais même quand ils prennent des tournures dramatiques (suicides, maladies professionnelles, accidents du travail), ils demeurent largement absents des « préoccupations » avancées par le PS et l’UMP dans la campagne électorale. C’est cet ouvrier d’une fonderie ardennaise qui raconte ses rêves de fuite tant le goût du travail bien fait a été enseveli sous les diktats contradictoires de la direction ; ce sont ces employés d’American  Express à Roissy qui se lancent dans une grève de dix  jours pour dénoncer des « pratiques managériales » ayant conduit à une vingtaine de démissions en moins d’un an ; ce sont les salariés des hôtels Accor qui rechignent à exprimer leurs « qualitudes » selon le néologisme confectionné par des as du coaching ; ce sont ces cadres supérieurs qui, en masse (et, en tout cas, au-delà du nombre d’emplois supprimés), chez HP ou Neuf-Cegetel, « profitent » d’un plan social pour filer à l’anglaise grâce au guichet des « départs volontaires » ; ce sont les syndicats d’IBM ou encore de Microsoft France qui dénoncent les niveaux de stress faramineux induits par des systèmes de notation et de rémunération...

Une nouvelle question sociale

Toutes les enquêtes statistiques sur les conditions de travail le démontrent, le travail pénible perdure, voire s’accroît pour les ouvriers, pour les femmes et les jeunes. Et qu’en disent Royal et Sarkozy ? Rien, ou si peu ! Au printemps dernier, les étudiants étaient, avec leur slogan « Le CPE, ce n’est pas mieux que rien, c’est pire que tout », parvenus à mettre la question du contenu du travail flexible au coeur du débat public. Face aux concours d’envolées lyriques sur la « valeur travail » qui bat son plein, il n’est sans doute pas inutile de repartir de là, de cette nouvelle question sociale au coeur de la vie quotidienne des Français qui sont au travail ou qui demeurent cantonnés dans ses marges.

Thomas Lemahieu
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-02-02/2007-02-02-845131
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /2007 23:43
Mercredi 14 mars 2007
Dividendes en hausse, salaires en baisse

Ce qui pouvait apparaître comme la vulgate marxiste des années 1960 — les détenteurs du capital s’enrichissent sur le dos de ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre — est désormais clairement lisible dans les comptes des multinationales. Selon les estimations de Factset, les profits des 40 plus grosses sociétés françaises (celles du CAC 40) ont atteint le niveau record de 96,3 milliards d’euros en 2006. En 2005, ils se sont élevés à 85 milliards. Ce qui représente une hausse de 11,3 % en un an. Inutile de préciser que les salaires, eux, n’ont pas connu une telle progression. Pas plus que l’emploi dans ces groupes (Le Monde diplomatique publiera dans son numéro d’avril, en vente à partir du 29 mars, une enquête sur les bas salaires en France et en Europe). Il n’est donc pas étonnant que les profits grimpent cinq fois plus vite que la production de richesses (2 % de croissance en 2006).

Mais l’argent accumulé, qui ne sert pas aux besoins collectifs des salariés, n’est pas davantage utilisé pour moderniser l’appareil productif, ni pour relever le niveau de la recherche privée, notoirement insuffisant en France et en Europe. Il va directement dans le portefeuille des actionnaires. Les dividendes versés devraient atteindre quelque 38 milliards d’euros, selon les estimations des spécialistes (les comptes sont clos fin mars). Soit une augmentation de 20 % sur l’exercice 2005. Déjà, entre 1999 et 2005, les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 avaient effectué un bond de 71,4 % (passant de 14 à 24 milliards d’euros). Durant la même période, leurs investissements ont dégringolé de 35,8 % (de 120 à 77 milliards d’euros).

Ce choix de gestion des multinationales a contaminé l’ensemble des entreprises. En 2005, selon les comptes nationaux publiés par l’Institut national des études statistiques (Insee), les dividendes offerts aux actionnaires dans l’ensemble des entreprises non financières (hors banques et assurances) en France représentent 16 % des richesses produites (valeur ajoutée). Et, selon l’économiste Nasser Mansouri-Guilani, qui travaille à partir des données de la comptabilité nationale, « pour chaque euro investi, 75 centimes vont aux actionnaires (1) ».

A noter que ces dividendes représentent évidemment, au même titre que les salaires, un coût pour l’entreprise, et participent donc très directement à la formation des prix. On parle beaucoup du prétendu « coût du travail » ; et si on s’attaquait enfin au coût du capital ? Le réduire pour accroître les salaires et les emplois qualifiés est l’une des pistes pour dynamiser la croissance sans toucher à la compétitivité…

Martine Bulard

(1) Analyses et documents économiques, n° 104, février 2007, Cahiers de la CGT.

Retrouver cet article sur le site du Monde Diplomatique

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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 00:07
Alors que M. Sarkozy tente de se réapproprier l'héritage de Jaures, voici un extrait de son "discours à la jeunesse" en 1903.
Ou comment démontrer que M. Sarkozy est bien loin de cette idée du courage et, que non, le courage ce n'est pas "travailler plus pour gagner plus".


"Le courage, c'est d'être tout ensemble et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.

Le courage, c'est de comprendre sa propre vie , de la préciser, de l'approfondir, de l'établir et de la coordonner cependant à la vie génerale .

Le courage , c'est d'accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l'art,
d'accueillir, d'explorer la complexité presque infinie des faits et des détails et cependant d'éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales , de l'organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes .

Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille; c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel; c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond ni s'il lui réserve une récompense.

Le courage, c'est de rechercher la vérité et de la dire; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ."
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 01:14
Fruits Pourris

Non seulement les fraises importées d'Espagne n'ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voilà de quoi vous en dégoûter à tout jamais...

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D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 87 000 tonnes de fraises (consommation française annuelle 130 000 tonnes). Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car ceuillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates... Si le seul problème de ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euro le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces après avoir parcouru 1 500 km en camion. A dix tonnes en moyenne par véhicule, il sont 1 600 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO² et autres gazs d'échappement. Car la quasi totalité de ces fruis poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national du Doñana, près du delta du Quadalquivir, l'une des plus fabuleuse réserve d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.

Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures sont autorisées; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquels le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plans produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver pour avancer leur production. A l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozonne, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires en entraînant de violentes douleurs.
Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant des résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver... Un écologiste de la région raconte l'explosion des maladies pulmonaires et d'affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installé de façon illégale, et dont 80% tirent plus d'eau qu'ils ne sont autorisés à le faire: en moyenne 4 500 mètres cubes par hectare. Ce qui transforme en savanne sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
La saison est terminée au début du mois de juin. Les 5 000 tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brulées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne, pour se faire soigner à leurs frais après avoir respiré des produits nocifs.

La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu avant la fin de l'hiver et en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...
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Claude-Marie VADROT
Texte extrait du journal Politis du 12 avril 2007
(hebdomadaire de gauche indépendant puisque propriété de ses employés et de ses lecteurs)
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